Une quinzaine d’entreprises ont répondu à l’invitation du ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna ALIPUI. La rencontre d’échanges, tenue le 21 mai 2026 au cabinet du ministre, a porté sur les difficultés liées au recouvrement des redevances et à l’apurement des factures impayées des préleveurs d’eau brute.

Conformément à l’article 147 du Code de l’Eau, tout prélèvement d’eau brute — qu’il s’agisse des nappes souterraines, des cours d’eau ou des plans d’eau — ainsi que tout rejet d’effluents est soumis au paiement de redevances, selon les principes « préleveur-payeur » et « pollueur-payeur ». Toutefois, plusieurs entreprises tardent encore à se conformer à cette obligation légale.
Cette rencontre visait donc principalement les entreprises encore réticentes au paiement des redevances.

« Nous avons besoin de ressources pour faire tourner le pays et chaque acteur doit faire sa part », a déclaré le ministre Séna ALIPUI à l’endroit des représentants des entreprises exploitantes.
Les échanges ont permis d’identifier des pistes d’actions susceptibles d’améliorer le niveau de recouvrement des redevances afin d’alimenter efficacement le Fonds de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE).
Le Fonds de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE)
Les redevances versées par les entreprises exploitantes d’eau brute alimentent le Fonds de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE), un compte d’affectation spéciale institué par la loi n°2010-004 du 14 juin 2010 portant Code de l’Eau, notamment en son article 147.
Ce mécanisme détermine les principes et règles fondamentaux applicables à la répartition, à l’utilisation, à la protection et à la gestion des ressources en eau. Il constitue un levier stratégique permettant notamment de :
– financer la protection et la restauration des nappes phréatiques et des cours d’eau ;
– garantir une équité d’accès à l’eau entre les différents acteurs économiques ;
– soutenir les infrastructures de suivi quantitatif et qualitatif de la ressource, notamment les stations de mesure, les outils de télédétection et les études hydrogéologiques.
« Ces différentes activités permettent de garantir la pérennité des ressources en eau », a souligné le secrétaire général par intérim du ministère délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Yawo Ewoenam ZEGUE.
À travers cette initiative, le ministère entend consolider son partenariat avec les entreprises exploitantes et garantir la viabilité du système de gestion intégrée des ressources en eau, conformément à la vision du Président du Conseil, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBÉ, qui accorde une importance particulière à la gestion durable des ressources hydriques.
« Il importe d’accompagner les initiatives du gouvernement pour la préservation des ressources en eau », a poursuivi le ministre Séna ALIPUI.
Des goulots d’étranglement dans le recouvrement des redevances
Les discussions ont également permis d’identifier plusieurs contraintes qui freinent l’apurement des factures et la mise à jour des comptes des abonnés.

Parmi les principales difficultés relevées figurent :
– l’absence de compteurs chez certains préleveurs, ainsi que le défaut d’autorisation formelle, empêchant un suivi fiable des volumes prélevés et de l’état des nappes phréatiques ;
– la faible adhésion au principe « usager-payeur » chez certains grands acteurs, notamment des industriels et exploitants agricoles ;
– les délais prolongés et la complexité des procédures administratives, qui découragent certains usagers de bonne foi.
Autant de facteurs qui constituent de véritables goulots d’étranglement dans le processus de recouvrement des redevances et d’apurement des factures.
Appel à l’engagement collectif
Face aux enjeux liés à la préservation des ressources hydriques, le ministre Séna ALIPUI a lancé un appel à l’engagement de tous les acteurs.
La gestion durable des ressources en eau constitue aujourd’hui un impératif national. Le ministre invite ainsi l’ensemble des usagers, des collectivités territoriales et des partenaires institutionnels à s’approprier pleinement le principe « usager-payeur », présenté comme un levier incontournable de la transition vers une gestion durable des ressources en eau.

Il appelle enfin à une mobilisation collective en faveur d’une gestion plus équitable, plus efficace et davantage respectueuse des écosystèmes aquatiques.